Pratiquer l’interculturalité au Japon

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L’interculturel en pratique : le dépaysement du Japon

 

L'interculturel au Japon

 

Cela tombe très bien : après le dernier podcast sur l’interculturel en classe (de FLE) à écouter ou réécouter ici : https://culture-fle.de/aborder-linterculturel-en-classe-de-fle/, je rentre justement d’un voyage au Japon, ce qui me permet de partager avec vous quelques-unes des différences culturelles qui m’ont frappée !

 

Ordre et propreté

 

Connu pour l’ordre et la propreté qui y règnent, le Japon fait honneur à sa réputation. Je ne vous apprendrai donc rien vous confirmant qu’on y sent une grande maitrise de l’organisation. Pour vous donner quand même une idée de ma référence, je vis actuellement en Allemagne. Ce pays n’est guère réputé non plus pour sa saleté ou le chaos qui y règneraient. Peut-être à tort cependant, car, contrairement au cliché, les trains allemands sont rarement à l’heure. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez d’ailleurs aller lire ici un article que j’ai publié sur un autre blog sur le sujet (Les Dieux de la Deutsche Bahn). A l’extrême opposé se trouve le Shinkansen, ponctuel à la minute près. Pour ce qui est de la propreté en revanche, je pensais jusqu’ici les Allemands à la hauteur. C’était avant de découvrir le Japon : tout est y vraiment extrêmement propre. Même mon mari allemand n’en revenait pas. Il est tombé amoureux du pays ! Mais il faut dire que cette propreté a un coût : on ne mange pas dans le métro et on enveloppe son parapluie dans du plastique avant de pénétrer dans un magasin.

 

Beaucoup de plastique

 

Et là, petite déconvenue après ma bonne résolution de l’année (consommer moins de plastique) : cela va être (très) difficile de s’y tenir ici. On en parle peut-être moins, mais le Japon est aussi le pays du plastique. Tout, absolument tout, est emballé dans du plastique. En ces temps d’urgence environnementale, je ne pouvais pas passer cela sous silence. Effectivement, à Tokyo, dans la plupart des supermarchés dans lesquels nous sommes entrés, même les fruits étaient coupés en morceaux et emballés dans du plastique : pas d’étalage en vrac. Les gaufres étaient emballées individuellement dans du plastique, les bouteilles en verre n’existaient même pas. Au restaurant, les serviettes (humides) étaient également emballées individuellement dans du plastique (et je ne vous parle pas de l’hôtel, qui propose même des brosses à cheveux (en plastique !) emballées individuellement (dans plus de plastique…). Bref, c’est la crise cardiaque assurée pour tout électeur convaincu du parti vert allemand.

 

La nourriture

 

Une autre expérience très intéressante a consisté en une soirée au restaurant français. Oui, j’ai un peu honte de l’avouer, nous avons dîné dans un restaurant français à Kyoto. Mais cela s’est avéré très positif : cela nous a permis de mieux appréhender la différence entre le Japon et la France : en nous sentant en terrain connu, nous avons mieux mesuré le désarroi qui nous saisissait à la lecture du menu dans les restaurants japonais : Y a-t-il un ordre à suivre dans le repas et dans la commande ? Comment se mange ce plat ? Quels condiments utiliser pour assaisonner ? Faut-il se servir des baguettes (ou des doigts) et comment ? Que boire en accompagnement (le saké se boit-il pendant ou après le repas) ? Là, tout allait de soi. La présentation de la salade niçoise m’a cependant beaucoup impressionnée : impossible apparemment pour un Japonais de supporter le mélange (leurs assiettes ont d’ailleurs des compartiments pour séparer les différents plats) : c’était un peu une salade en kit avec l’œuf d’un côté, les tomates de l’autre et par-dessus les haricots verts croisés si joliment. Comme je regrette de n’avoir pas pris de photo ! L’ordre règne même dans l’assiette de ce pays.

 

Interculturel en pratique

 

Nous avons remarqué plein d’autres petits détails, pas forcément très importants : on paie à la descente du bus et non à la montée, des personnes sont postées un peu partout afin de guider les voyageurs quand il s’agit de suivre une déviation, les gens sont vraiment d’une grande amabilité et des propositions d’aide pleuvent dès que nous nous penchons sur notre carte, la musique classique ou le jazz bercent les conversations à voix basse dans les restaurants, les bruits d’oiseaux égaient le métro, le marquage au sol permet de savoir où faire la queue pour monter dans le wagon sans se bousculer… Précisément ces petites choses qui rendent une culture unique en son genre et soulignent l’importance d’aller sur place les découvrir. Pour les Japonais, elles font partie de ces évidences inutiles à dire, mais pour nous, elles sont nouvelles et différentes. Nous nous demandons finalement pourquoi nous faisons comme nous le faisons dans nos pays respectifs, et mettons en pratique l’interculturalité.

 

Un pays francophone ?

 

Jusqu’ici, j’avais parfois quelques scrupules à présenter le Japon dans mon tour du monde francophoneavec le livre autobiographie d’Amélie Nothomb et le film qui en est tiré : Stupeur et tremblements (vous trouverez ici un article sur la manière dont je l’exploite en cours : https://culture-fle.de/stupeur-et-tremblements-classe-fle/). Mais le nombre de boutiques au nom français à Kyoto m’a redonné bonne conscience, et beaucoup de Japonais parlent effectivement français. Je n’étais donc pas si loin de la réalité…

 

Voyager pour se motiver !

 

Une dernière chose que j’avais un peu oubliée m’est revenue en tête grâce à ce séjour : j’ai repris conscience du point auquel un voyage dans le pays dont vous apprenez la langue peut être motivant. Je l’avais vraiment oublié en Europe. Encouragez donc vos apprenants à voyager dans des pays francophones ! C’est vraiment une joie de reconnaître ne serait-ce que quelques mots écrits (quelques kanjis, ou les hiraganas pour moi 😉 !) ou parlés dans les annonces du métro au milieu de l’inconnu… Je me suis aussi sentie un peu comme une enfant apprenant à lire à essayer de tout déchiffrer.

 

Bref, le dépaysement offert par le Japon a vraiment été une expérience inoubliable et très enrichissante. Je vous invite donc à voyager et à encourager vos apprenants à le faire : c’est pour cela que nous apprenons des langues, n’est-ce pas ?

 

 

 

 

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