Evaluation : 10 erreurs à éviter (62/100)


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Evaluation : 10 Erreurs à éviter (62/100)

 

10 effets parasites sur la correction

 

Lorsque tu corriges, tu es (comme nous tous) victime de facteurs parasites qui viennent influencer ton évaluation. Ceux-ci constituent autant d’erreurs à éviter ! Il est donc important de connaître ces facteurs parasites : être conscient·e de leur existence te permettra de limiter leurs effets pour mieux tendre vers l’objectivité. Ne tombe pas dans leurs pièges ! Voici une liste extraite de l’ouvrage de Christine Tagliante, L’évaluation et le CECR, un ouvrage que je te recommande ! Bien sûr, une autre manière d’éviter ces 10 erreurs d’évaluation, c’est de proposer des QCM. Si le sujet t’intéresse, tu trouveras toutes les informations nécessaires à l’élaboration d’un bon QCM dans cet article : https://culture-fle.de/qcm-en-classe-de-langue/

 

Erreur n°1 à éviter dans l’évaluation : L’effet de fatigue

Nous le savons tous, lorsque nous sommes fatigué·es, nous sommes plus irritables, et donc plus susceptibles de nous énerver rapidement face à une erreur un peu grossière ou répétée. Cette colère va nous pousser à retirer plus facilement des points. Pour éviter biais dans l’évaluation, si tu remarques que tu as tendance à t’énerver, pose ton paquet de copies et reviens-y à tête reposée. Nous sommes plus équitables lorsque nous sommes en forme, donc le matin

 

Erreur n°2 : L’effet de contraste

Tu as très certainement déjà observé cet effet : juste après une bonne copie, une copie moyenne nous paraît moins bonne. C’est ce qu’on appelle l’effet de contraste. Mais que faire pour remédier à ce problème ? Personnellement, pour éviter cet effet, je classe les copies par note et je les relis encore une fois dans l’ordre croissant pour vérifier que la progression est régulière. Cela me permet d’éviter différentes erreurs d’évaluation : il m’est effectivement arrivé de remonter des notes…

 

Erreur n°3 : L’effet de favoritisme

Tout est dans le titre : les commentaires ne sont sans doute pas nécessaires. Nous avons tou·tes nos petites faiblesses (bien humaines) et nos préférences. Inutile de nier, quelque fois il nous est difficile de mettre une mauvaise note. Bien sûr, on peut essayer de ne pas regarder les noms, mais on reconnait souvent l’étudiant·e/l’élève à ses fautes… Il faut essayer d’être conscient·e de ses préférences personnelles afin de pouvoir les remettre en cause et de lutter contre elles autant que possible. L’objectif n’est pas la perfection, mais de tendre vers l’objectivité la plus grande possible en évitant les erreurs.

 

ERREUR n°4 : L’effet d’ordre dans l’évaluation

On est souvent plus sévère à la fin du paquet (Il est possible que cet effet se combine avec la fatigue). Le fait d’avoir vu tellement d’erreurs nous rend moins indulgent·e. Eventuellement, corriger sur deux jours peut être une solution pour lutter contre cet effet. Là aussi, une re-correction du paquet de copies classées par note le deuxième jour afin de vérifier que tout est cohérent peut s’avérer utile.

 

ERREUR N°5 : L’effet de stéréotypie

Cet effet est également abordé dans l’ouvrage Thinking fast and slow de Daniel Kahnemann, un ouvrage qui recense nos petites erreurs de logique. Nous aimons la cohérence, et lorsque la première copie est mauvaise, nous avons tendance à être sévère avec les suivantes, afin de rester cohérent·e avec notre première impression. Même chose dans l’autre sens. Le mieux serait de commencer par une copie d’un élève qui est en général dans la moyenne afin d’éviter toute erreur d’évaluation.

Les personnes qui ont lu cet article ont lu également :  Efficacité des corrections

 

ERREUR n°6 : L’effet de contamination dans l’évaluation

Un bon dossier peut nous pousser à évaluer favorablement une mauvaise copie. Nous pensons qu’il s’agit d’un accident, et nous cherchons à ne pas pénaliser l’élève. En revanche, une bonne copie ne rachète en général pas un mauvais dossier, et c’est paradoxal. Puisque nous ne nous laissons pas influencer par une bonne copie, gardons en tête aussi la mauvaise performance en l’évaluant pour ce qu’elle est. Peu importe la raison : nous cherchons à être équitable !

 

ERREUR N°7 : L’effet de halo

Si l’élève est ouvert·e en classe et participe bien, nous serons plus enclin·es à lui mettre une bonne note. C’est une forme de favoritisme… L’élève nous est sympathique et nous aide à rendre la classe agréable. Il nous paraît difficile de le pénaliser… Une solution à ce problème peut constituer l’attribution de notes de participation (éventuellement d’un bonus pour ceux qui participent beaucoup).

 

Erreur n°8 : L’effet choc

Une même erreur répétée fait chuter la note de manière drastique. En effet, on s’énerve, et on enlève des points. C’est compréhensible, mais il n’y a pas de raison objective à cela. D’ailleurs, on pourrait même louer la cohérence de l’apprenant·e. Les erreurs répétées ne devraient être comptabilisées qu’une seule fois. De même, une bonne idée suffit parfois à donner une bonne note… On se dit que la copie est originale, et les points augmentent. Là aussi, il faut faire attention à rester mesuré·e.

 

Erreur n°9 : L’effet goutte d’eau

Nous sommes patient·es alors que nous voyons 9 fois la même erreur. La dixième fois, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : nous n’en pouvons plus ! Brutalement, la note chute de manière drastique. Il se combine avec la fatigue et l’effet choc. 

 

Erreur n°10 : L’effet de l’écart-type dans le spectre d’évaluation

Nous notons souvent entre 8 et 12 sur une échelle de 0 à 20. Bon, j’exagère peut-être un peu : mettons 14 à 8 ? Fais le test : regarde les notes que tu as attribuées au dernier devoir. Quelle est la meilleure, quelle est la moins bonne ? Nous avons tendance à fuir les extrêmes du spectre possible. Personnellement, une fois les copies classées par note, je regarde aussi le spectre de notation que j’ai utilisé. Il peut m’arriver de baisser les notes des copies les plus mauvaises et de remonter celles des meilleures copies pour utiliser tout le spectre des notes disponibles.

 

Si ces conseils t’ont plu, je te recommande le livre de Christine Tagliante, L’évaluation et le CECR :

 

Voilà, j’espère que cette liste te sera utile pour tes prochaines corrections, et que tu pourras désormais éviter ces 10 erreurs dans ton évaluation !

Et toi ? Quels sont tes propres facteurs parasites auxquels tu es confronté·e ? Dis-le moi dans les commentaires, ou fais-moi part des techniques que tu utilises pour les éviter !

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