Ces partages m'aident beaucoup. Merci !
  • 42
    Partages

9 règles à suivre pour concevoir un bon examen

 

9 conseils pour concevoir votre examen

 

Le métier d’enseignant a de nombreuses facettes. La première qui vient à l’esprit, et sans doute la raison pour laquelle beaucoup d’entre eux ont choisi précisément ce métier, c’est l’aspect « soutien dans l’apprentissage » : un professeur aide ses apprenants à progresser dans la matière qu’il enseigne. Pourtant, dans la vie quotidienne, une bonne partie de son travail consiste à évaluer. Vous trouverez d’ailleurs dans cet article les erreurs à éviter pour une correction fiable et objective : Evaluation : 10 erreurs à éviter (62/100). Bien sûr, l’évaluation des progrès permet à l’apprenant de savoir s’il est sur la bonne voie. Cela l’aide à progresser, en lui montrant ce qui fonctionne… ou pas. Néanmoins, on ne peut pas nier que l’évaluation revête également une allure de « sanction ». Et c’est sans doute cet aspect sévère qui rebute de nombreux professeurs. Je voudrais cependant ici la remettre à l’honneur en tant qu’outil dans la progression, et en vous donnant quelques pistes pour mieux concevoir vos épreuves d’évaluation. Car cette discipline (la conception d’épreuves) me semble quelque peu négligée dans les formations de professeurs de FLE….

 

1. Faire concorder cours et examen

En principe, le cours doit préparer les apprenants à l’examen. Encore une fois, l’objectif principal est, bien sûr, que les apprenants fassent des progrès dans la langue (ici le français), mais ce n’est pas contradictoire. Ce que je veux dire par là, c’est que les exercices que vous allez proposer dans votre examen final doivent ressembler à ceux faits en cours, afin de ne pas totalement désarçonner les apprenants. Il s’agit en effet de tester leurs connaissances en langue, pas leur capacité d’adaptation !

Cela signifie que vous devez savoir au début du cours à quoi l’examen final va ressembler. Vous n’êtes pas obligé de l’avoir déjà complètement préparé, mais vous devez savoir quel type d’exercices vous allez proposer, et proposer le même type d’exercice en cours, afin d’y préparer vos apprenants.

 

2. Tester de 3 à 5 compétences

En général, on divise les épreuves en trois, quatre, à cinq parties : compréhension écrite, compréhension orale et expression écrite, avec parfois une partie grammaire et lexique (exercices « classiques ») séparée, et parfois de l’expression orale. On a parfois la possibilité de tester cette dernière séparément, mais ce n’est pas toujours le cas. On l’évalue assez souvent lors de la participation en classe.

Bref, les compétences que vous allez tester dépendent de vos possibilités physiques (temps alloué et moyens techniques) et des contraintes de l’environnement dans lequel vous travaillez : école, école de langues, universités… Évidemment, pour avoir un tableau le plus complet possible du niveau d’un apprenant, mieux vaut tester le plus de compétences possibles.

 

3. Choisir les sujets en fonction des objectifs

Commencez par vous demander quels sont les objectifs du cours. Dégagez parmi ceux-ci ceux qui vous semblent les plus importants : être capable de se présenter ? raconter un événement au passé ? rédiger une dissertation ? C’est ceux-là que vous allez tester bien sûr ! Si vous voulez tester les acquis du cours, vous n’allez pas chercher la petite bête mais vérifier que les choses les plus importantes ont été comprises et sont maitrisées. Eh non, on ne piège pas les apprenants (enfin si, sur une petite question peut-être… ;-), libre à vous !) !

 

4. Opter pour un niveau de langue simple pour les questions

On teste la compréhension par des question sur un document sonore ou écrit. L’art de poser les bonnes questions est complexe. Mais dans tous les cas, ces questions doivent être posées dans une langue simple, correspondant à un niveau légèrement en dessous de celui que vous testez. Il s’agit en effet de tester la compréhension du document, pas des questions…

 

5. Varier les formats de questions

Si possible, il faut varier les formats : questions ouvertes et fermées. Par questions fermées, on entend les questions à choix multiple (voir cet article sur les QCM: QCM en classe de langue : bonne idée ? (26/100)), les VRAI/FAUX (semi-ouvertes s’il faut corriger ou justifier), remettre des informations dans l’ordreattribuer des affirmations à des personnes… Les questions ouvertes exigent une réponse apportant une information.

Si vous demandez de remettre des affirmations dans l’ordre, pensez que dans ce cas, une erreur en entraîne automatiquement d’autres, et réfléchissez à la manière dont vous retirerez les points.

 

6. Bien prévoir le nombre de points pour chaque exercice !

En principe, vous devez prévoir un corrigé avec ce que vous attendez comme réponse. Mais parfois, la créativité des apprenants va vous surprendre. Soyez préparé !

Compréhension

Si vous demandez à vos apprenants de cocher les informations correctes dans une liste, ne faites pas l’erreur de compter seulement autant de points qu’il y a d’affirmations correctes. Il vous faudra plutôt attribuer des points à chaque affirmation, car ce que vous faites en réalité, c’est un vrai/faux pour chaque affirmation. Pour chacune d’entre elle, il y a deux valeurs : coché (vrai) ou non coché (faux) et donc une possibilité de point ou d’absence de point.

Grammaire

Si vous testez par exemple les pronoms objets compléments avec un exercice dans lequel vos apprenants doivent répondre à des questions, ne pensez pas qu’il suffira de mettre ou non le point selon que le pronom soit correct ou non ! Il est possible que le bon pronom soit mal placé (et là aussi, les possibilités sont immenses : négation, temps composé, infinitif, etc.), le mauvais pronom bien placé, l’accord avec le participe passé mal réalisé, le verbe mal conjugué… Qu’allez-vous pénaliser et dans quelle mesure ? Même chose pour le passé composé : l’auxiliaire peut être faux, mais le participe correct ou l’inverse, l’accord peut être réalisé alors qu’il ne le devrait pas et inversement, ou la négation peut être mal placée…. Les possibilités d’erreur sont presque infinies : autant d’occasions de perdre des points ! Est-ce que tout sera pénalisé de la même manière ? Il est bon de se poser ces questions en amont, afin de ne pas se retrouver décontenancé devant sa copie…

 

7. Concevoir des épreuves authentiques

Compréhension

De nos jours, on parle beaucoup de l’approche par tâche. Mais comment intégrer l’épreuve de compréhension dans une telle approche ? C’est tout simple : imaginez que votre apprenant doive aider un camarade comprenant encore moins bien le français que lui ! Ce camarade aura fait des hypothèses (pour les questions à choix multiple), et votre apprenant doit l’aider en choisissant la bonne option. Parfois, il aura saisi une affirmation, mais ne saura pas si elle est correcte (vrai/faux). Ou alors, il cherchera une information et n’aura pas trouvé la réponse (question ouverte). Et voilà une tâche authentique dans une épreuve de compréhension !

Grammaire

Pour la grammaire, vous pouvez encore recourir au scénario d’aide à un camarade moins avancé dans l’apprentissage, qui ne maîtrise pas encore le passé composé par exemple, etc. Votre apprenant devra l’aider à compléter son texte. Ou alors, il se préparera par écrit à répondre à des questions… Bref, soyez inventifs !

 

8. Prévoir une grille d´évaluation pour l’expression (écrite ou orale)

Pour l’expression écrite, vous devez prévoir une grille d’évaluation. Vous pouvez vous inspirer de celle utilisée pour le DELF, mais vous pouvez également y ajouter des critères de correction grammaticale si vous souhaitez évaluer cette compétence et que vous n’avez pas de partie grammaire dans votre épreuve. Par exemple, vous pouvez attribuer des points à la correction des formes au passé composé, ou à l’emploi des pronoms objets compléments…

 

9. Se faire relire par un collègue pour éviter les coquilles

Si vous en avez la possibilité, je vous conseille fortement de vous faire relire par un collègue afin d’éviter les coquilles, les erreurs de compte de points, les questions mal formulées et peu compréhensibles (quand on a le nez dedans, parfois, on ne voit plus les choses objectivement). Vous pouvez lui dire aussi ce à quoi il doit faire particulièrement attention.

 

Voilà, j’espère que ces règles vous seront utiles pour la conception de vos prochains examens !

 

  • 72
    Partages

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.