Ces partages m'aident beaucoup. Merci !
  • 12
    Partages

Faut-il mettre les théories didactiques à la poubelle ?

 

L'approche actionnelle à la poubelle ?

 

La dernière approche didactique en date s’appelle l’approche par tâche ou perspective actionnelle. On parle parfois également d’apprentissage par problème, dans lequel la tâche (l’action) à mener consiste à résoudre un problème. La philosophie en est la même : un travail commun pour parvenir à un résultat. C’est l’approche didactique sur laquelle s’appuie le CECR (qui date, rappelons-le, de 2001).

 

Évolution des théories didactiques

Si les différentes théories didactiques vous intéressent, Charlotte Dejean-Thircuir et Elke Nissen ont publié un article passionnant montrant que celles-ci évoluent aussi en fonction des outils technologiques dont nous disposons : les méthodes audio-visuelles (MAO) se développent avec l’apparition de l’ordinateur, l’approche communicative profite d’Internet et des nouvelles possibilités de communication offertes par ce média. Enfin, l’approche actionnelle voit le jour avec le développement du web 2.0 et des projets collaboratifs. N’hésitez pas à lire l’article en entier (il est assez court) ici : https://edutice.archives-ouvertes.fr/edutice-00978035/document

 

L’approche actionnelle

Dans l’approche actionnelle, les apprenants doivent donc effectuer une tâche authentique (ils ne jouent pas de rôle). Pour des étudiants par exemple, cela peut être tout simplement de s’orienter sur un campus universitaire. En effet, ceux-ci peuvent être confrontés à ce genre de situation dans le pays cible s’ils y partent un an en Erasmus. Cela pourrait également être d’organiser une sortie au restaurant : il faut choisir ensemble un restaurant en fonction des goûts de chacun, fixer un jour et une heure, un lieu de rendez-vous, et enfin, passer commande ! Mais cela ne peut pas être de jouer le serveur (à moins qu’il s’agisse d’une école hôtelière, bien sûr), puisqu’il est peu probable que nos apprenants se retrouvent un jour dans cette situation dans le pays cible. Cela peut encore être d’organiser un voyage : choisir une destination, une date, un programme… Parfois, le professeur propose également la rédaction d’un article Wikipédia ou d’un commentaire sur TrippAdvisor (pour reprendre les outils du web 2.0). Bref, il s’agit d’un projet « authentique » (vraisemblable) que les apprenants doivent réaliser à plusieurs (pour l’aspect socio-culturel). Pour ce faire, ils auront besoin de diverses compétences, qu’ils devront acquérir au cours de la réalisation. De nombreux manuels ont essayé d’intégrer cette approche, mais il faut avouer que c’est difficile : idéalement, le « projet » doit venir des apprenants eux-mêmes. Sinon, il faut arriver à le présenter de manière attrayante et motivante. Honnêtement, je ne connais pas de manuel qui y parvienne vraiment, bien que le CECR ait déjà maintenant plus de 15 ans.

 

Le projet

Mais est-ce grave ? Quand on voit ce que Franck Lepage dit de la pédagogie de projet, on peut se poser la question. Et si nous, professeurs, nous n’étions que les vecteurs de l’idéologie dominante ? Quelle doit être mon attitude, en tant que professeur de français langue étrangère ? Cette manière d’enseigner par projet, est-elle vraiment plus motivante, ou permet-elle simplement de convaincre nos apprenants du bien-fondé du capitalisme ?

 

 

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

 

 

 

  • 79
    Partages

2 Thoughts to “Faut-il mettre les théories didactiques à la poubelle ?”

  1. Merci pour cet article riche et instructif. 😉

    Effectivement, avec les programmes imposés, le rôle des professeurs et leur liberté d’enseigner une vision du monde autre est un sujet crucial et d’actualité !

  2. Djouf

    Bravo !! une analyse pertinente qui reflète notre situation en tant qu enseignants.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.